A l’origine, on trouve l’attachement de Jean-Michel Cazes à ses racines médocaines et son projet de redonner vie au hameau de son enfance...
Jusque dans les années 50, en effet, le hameau de Bages, à quelques encablures de Pauillac, fut peuplé par de nombreux habitants : petits propriétaires, vignerons, charretiers,forgeron... qui se retrouvaient au café-épicerie du village de Madame Gasqueton, petit bout de femme dont les documents d’époque décrivent avec précision les « yeux marrons, le dos droit, le nez rectiligne, le visage rond et le teint frais ». Malheureusement, peu à peu, comme beaucoup de villages de la campagne française, Bages se vida de ses habitants. Ils partaient les uns après les autres, laissant derrière eux un paysage très dégradé. Et personne ne se préoccupait de la préservation de ce patrimoine rural original qui sombrait lentement dans la ruine et dans l’oubli.

Lorsqu’en 2003 Jean-Michel Cazes consulte un architecte au sujet d’une extension possible des locaux de stockage de Lynch-Bages, celui-ci lui propose tout naturellement de raser les vieux bâtiments adjacents aux chais, garages décatis, cages à poules et maisons en ruines. C’est alors pour lui une sorte de déclic et il prend conscience de l’occasion qui s’offre de sauver un ensemble urbain dont l’histoire est liée à la vigne et au vin de la région. Il ne peut pas se résoudre à transformer le village de son enfance en zone de stockage... Il est vite convaincu que le hameau, pour peu qu’on ait la volonté de le faire revivre et qu’on y mette quelques moyens, peut renaître et – qui sait - devenir une destination qualitative pour les touristes qui parcourent le Médoc, qui sont de plus en plus nombreux à vouloir faire la connaissance des hommes et des femmes - et des secrets – cachés derrière les étiquettes de leur vins préférés. Avec la complicité de Thierry Marx, le Chef imaginatif et novateur de Cordeillan-Bages, il met au point le programme de la renaissance de Bages.